Printemps Été

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samedi 27 août 2005

Correspondance à trois

Au cours de l'année 1926, trois poètes : Boris Pasternak, Marina Tsvetaïeva, Rainer Maria Rilke échangent une correspondance passionnée.
Marina Tsvétaïeva est une poète exaltée, sa vie est la poésie passionnée, elle vit en France un exil difficile.
Je n'aime pas la vie en tant que telle, pour moi, elle ne commence à vouloir dire quelque chose, c'est-à-dire à prendre sens et poids, que transfigurée c'est-à-dire dans l'art.

Extrait d'une ses lettres à Rilke, le 2 aout 1926.

Rainer, si je veux aller à toi, c'est aussi pour ma nouvelle moi, qui ne saurait naître qu'avec toi, en toi. Et alors,Rainer (Rainer, le leitmotiv de ma lettre), je veux dormir avec toi, m'endormir et dormir avec toi. Cette merveilleuse expression populaire, comme elle est vraie, profonde, sans équivoque, comme elle dit bien ce qu'elle dit. Simplement dormir. Rien de plus. Si pourtant : enfouir ma tête dans ton épaule gauche, passer mon bras sur ton épaule droite - rien de plus. Si pourtant : savoir, jusqu'au plus profond du sommeil, que c'est toi. Et encore : comment ton coeur sonne. Et - baiser ton coeur. [...] Pourquoi est-ce que je te dis cela ? L'inquiétude, peut-être, que tu ne voies en moi qu'une passionnée commune (passion-servage). Je t'aime et je veux dormir avec toi, pareille concision n'est pas permise à l'amitié. Mais je le dis d'une voix autre, presque en mon sommeil, ferme en mon sommeil. Je ne sonne pas du tout comme de la passion. Si tu me prenais contre toi, tu prendrais les plus déserts lieux. Tout ce qui ne dort jamais voudrait rattraper son sommeil dans tes bras. Jusqu'au fond de l'âme (de la gorge) - tel serait mon baiser (Pas un incendie : un abîme.) Je ne plaide pas ma cause, je plaide la cause du plus absolu des baisers.

Cette correspondance est poignante : difficulté pour ces artistes de s'incarner dans la vie matérielle, tempête de l'histoire individiuelle et collective : cette correspondance à trois s'interrompt tragiquement par la mort de Rilke, le 29 décembre 1926. Bien avant l'ère de l'hyper-communication se constituait ainsi à travers l'Europe une histoire d'amour intense, simplement par échange de lettres, de manuscrits, d'impressions de lectures ou de critiques approfondies. Les traces de cette passion restent gravées dans des oeuvres littéraires bouleversantes.

dimanche 21 août 2005

Un port

L'envie d'une terre et l'attrait, toujours, des ports. Peut-être simplement pour une autre perception du temps.

Hania
Hania (La Canée).

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jeudi 18 août 2005

Rouge

sunset, santorini

Qui a dit que la mer est bleue ?
Santorin
(cliquez sur la photo pour plonger en 1024)

mercredi 17 août 2005

Densification de l'être

Entre Mer et Terre, le temps s'étire et se densifie. Comme si l'on vivait l'essence des choses, le coeur de l'être parfaitement accordé au rythme naturel du monde. Le ressac de la mer et la respiration. Le temps a une autre couleur ici. Couleur rouge de la terre et des labours de l'homme ; vert argent de la feuille d'olivier ; les champs d'olivier défiant les siècles.
Le regard accroché à la mer, je laisse les instants se charger de densité, dans la vacuité.
Evacué le tournoiement des questions factices, le vie pleine est la vie simple.
Sitia, Crete, Aout 2005.

Itanos
Itanos, Cote Est. (cliquer pour accéder à la photo en 1024)

Quelques photos de Crete sur Flickr

dimanche 7 août 2005

Créateur de paysage

oliviers à Prevelli
Oliviers sous le monastère de Preveli.

L'olivier est, avec la vigne et le chêne vert, l'élément fort de l'unité paysagère méditerranéenne. Aussi le paysage idéal d'Arcadie était-il composé d'oliviers en bas des pentes, de vigne sur les versants, de maquis de chênes verts et de pins sur les escarpements. Plus que tout autre arbre, l'olivier marque de sa présence indefectible le territoire. Depuis l'Antiquité, les hommes auraient sculpté le relief de manière à établir les meilleures conditions de son épanouissement : les oléiculteurs comptent ainsi parmi les plus anciens créateurs de paysages.

Stephane Moreaux. L'olivier (Le nom de l'arbre- Actes Sud)

mercredi 3 août 2005

Passage


Santorin, l'émotion esthétique.

Respirer de bleu
s'habiller de ciel
nager - l'onde première
Etre de l'eau de terre de ciel
humain infiniment
vibrer de l'infime
au coeur du monde
l'instant plein parce que
le vide sans inquiétude
vivre enfin sereinement
la vacuité.

Mes autres photos de Santorin sur Flickr

Tu es pressé d'écrire,
comme si tu étais en retard sur la vie
Si l'en est ainsi fais cortège à tes sources
Hâte-toi
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
Effectivement, tu es en retard sur la vie.

René Char. Moulin premier, Commune présence.



Mes photos sur Flickr