Printemps Été

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lundi 12 décembre 2005

Murmure

      En écho à Jacques.

Lune de novembre
Le
      centre
         est

      d'où
         viennent
Les murmures

   *
Le centre est là
D'où jaillit
le souffle rythmique
en vivifiante vacuité
Sans qu'on s'y attende
Autour de soi
droit au coeur
Voici les ondes
Natives et vastes
Résonant
Depuis l'ici même
jusqu'au plus lointain
De leur toujours déjà là
de leur toujours commençante
Mélodie.

François Cheng. Le livre du vide médian

mardi 6 décembre 2005

Glanage

Chez René Char, encore, puisque je lis avec émotion sa biographie, par Laurent Greilsamer. On y perçoit un homme rebelle, aux colères redoutées, apte à la bagarre. Attaché à sa terre de Provence, fidèle à ses amis à ses engagements. Une poésie dans la vie, dans une époque de tumulte. Ses mots en résonent plus fort encore sous cet éclairage. Ils sont souvent un éclair de fulgurance.

Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d'eux. Un moment nous serons l'équipage de cette flotte composée d'unités rétives, et le temps d'un grain, son amiral. Puis le large la reprendra, nous laissant à nos torrents limoneux et à nos barbelé givrés.

La nuit talismanique.

La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil.

Feuillets d'Hypnos.

dimanche 4 décembre 2005

Source

Un homme sans défauts est une montagne sans crevasses. Il ne m'interesse pas.
(Règle de sourcier et d'inquiet.)

René Char. Feuillets d'hypnos.

Devoluy
Dévoluy, en montant au col des Aiguilles. 30 octobre.

Devoluy

Tu es pressé d'écrire,
comme si tu étais en retard sur la vie
Si l'en est ainsi fais cortège à tes sources
Hâte-toi
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
Effectivement, tu es en retard sur la vie.

René Char. Moulin premier, Commune présence.



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